La rencontre toujours hasardeuse

Publié le par le petit homme


Sur la plage de la Loire j'ai rencontré B. Je l'avais déjà croisé hier. Il était à vélo. Ce type n'est pas vraiment beau, mais il a un charme incroyable, une aura. Et puis il sent le sexe, de partout. On s'est serré la main. Je me suis allongé à vingt mètres de lui. Nous sommes restés ainsi une petite demi-heure. Puis, il est parti. Je crois que je l'avais un peu dérangé,  il ne s'attendait pas à me voir ici. Il était un peu gêné. On travaille ensemble. C'est pareil avec lui comme avec tous les autres, j'ai été nul. Il y a quelque chose qui me terrifie dans la rencontre homosexuelle. Je ne sais pas comment faire. Dans le regard de l'autre, je me sens à découvert.  Je perds mes moyens. J'en rougis presque. Je crois que c'est la raison pour laquelle l'autre me fuit. Il ressent le malaise, la crainte, la gêne.
Hier soir, la mélancolie. L'intolérable du monde te dévore le ventre. Je me sens seul. Les solitaires ne connaissent pas la solitude, ils vivent un face à face avec le monde. La solitude c'est le sentiment de la perte, tout le temps. C'est impossible à vivre. C'est un recul vis-à-vis de soi-même. Le jour, l'ennui. La nuit, la peur.


Mercredi 5 août
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