Drague, Duras and Genet

Publié le par le petit homme

 


L'après-midi,
Le fléau continue ses ravages..... Je ne peux m'adresser à un garçon, bien que l'accroche soit bonne, sans le perdre après quatre phrases échangées. Sans doute est-ce la présence  de COD  dans mes phrases qui éloigne... je ne sais pas... Je ne sais pas m'adresser à l'humanité sans  écriture affectée. Ils me prennent pour un lourd ou pour un dingue. Alors je m'ennuie et bois du vin rouge. Voilà je suis alcoolique par ennui  et par désespoir.  Beau pays, la France ! Je suis le Tsunami gay, un chien dans un jeu de quilles. Que disent   les gens  entre eux ? Comment débutent-ils, comment parviennent-ils à capter l'attention de l'autre ? Je ne sais pas faire. Je hurle dans mon appartement, je soliloque. Oui parfaitement comme le fou dans la rue que vous croisez et dont vous ignorez tout de lui, de sa colère, du piège du langage qui sépare. Il gueule parce que l'on ne le comprend pas. Je hurle pour la même raison, de l'interprétation fallacieuse de mes propos qui ne sont que paroles d'amour, demandes d'amour. Et personne ne comprend ça. Je le comprends moi, alors pourquoi on ne le comprend pas quand il s'agit de moi. C'est quand même étrange. Est-ce à cause du support ? je ne le pense pas. J'ai mis deux ans à observer secrètement Harry avant de pouvoir faire quelque chose. Combien de vies me faudra-t-il ? Au fond, tout cela m'est égal, sans grande importance. Rien n'est à réinventer.
V. connecté, rien. Je crains être entouré de personnes malveillantes qui ne pensent qu'à ma perte. Je sais que je donne l'envie que l'on me tue. Harry m'a tué. Kimien me tue. JR me tue. Je ne rencontre que des êtres qui veulent ma mort, lente, honteuse ...
*


Chaque matin depuis lundi, je programme mon réveil à 8h45 pour écouter l'émission sur France culture consacrée à Marguerite Duras. Aujourd'hui elle évoque Proust,  l'importance dans sa propre oeuvre. Elle dit de lui "un pessimisme essentiel mais en marche". Je n'ai jamais lu Proust. Je n'ai jamais réussi à le lire, à cause de l'école. J'ai fait une dissertation sur Proust à la fac. J'ai eu huit sur vingt. Je n'avais pas lu le livre. Ce huit sur vingt était la culture que j'avais de Proust sans jamais l'avoir lu, à cause de l'école. Victor Hugo la même chose, la même allergie scolaire.
Je lis "Pompes Funèbres" de Jean Genet. Je n'avance pas. Ce livre m'émerveille. Il y a des pages magnifiques notamment celles de la rencontre entre Jean et le narrateur. J'aime Genet pour cette raison aussi : l'exploration dépravée d'un désir homosexuel contourné ou bien retenu et qui revient  plus fort, plus violent.
J'ai en tête cette phrase que j'aime
    On lui coupe la tête. Ainsi se venge d'une rose l'imbécile qui la cueille.
L'amour, c'est l'amour de la merde. Celui qui ne sait pas ça est un idiot.
   «  Par un souci très grand de lui éviter, sous mes yeux, les moindres gestes d'une toilette intime, je passai ma main entre ses fesses, comme si je l'eusse caressé là, et lui, par une semblable pudeur, craignant que ma queue ne fût salie par sa merde, l'essuyait avec sa main libre. Nous accomplîmes en même temps ce  double geste avec la même innocence, comme si accidentellement, dans la nuit, sous les draps, ma main avait rencontré ses fesses et la sienne ma queue. C'est alors qu'il murmura la phrase célèbre :
    - Je t'aime encore plus qu'avant
 Cette nuit, j'ai rêvé être chauve. C'était angoissant car cela semblait être venu d'un coup, instantanément. Je ne cessais de regarder dans le miroir pour vérifier, pour comprendre. »


Jeudi 6 août
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