Concours, sexe et lecture

Publié le par le petit homme

 

Demain, je vais à Orléans pour passer le capes de lettres. Je crois bien ne m'être jamais aussi peu préparé pour un examen. Chaque année étant toujours traversé par le même dilemme entre la vie sociale, normale attendue et l'écriture. Cette année j'ai pris la décision d'écrire, du moins m'astreindre à l'écriture de mon récit. C'est une décision qui m'emplit d'une certaine joie, d'un bonheur à vivre, mais je suis également traversé par l'effroi. L'incertitude du chemin à mener.

Lionel qui nous emmène demain à Orléans m'a proposé de dormir chez lui avec Harry. L'idée de partager ma couche avec Harry ne me convient guère. Depuis qu'il a sur son blog fait un clin d'œil à son ex qui nous avait pourri littéralement la vie, et que ce clin d'oeil m'a violenté de manière irraisonné alors que je me sens enfin totalement détaché de cette amour devenue morte. Sans doute avais-je encore quelque espoir que cette histoire d'amour puisse repartir. Mais le choc éprouvé rien que par cette petite attention envers son ex m'a ...comment dire ... réveillé. En un sens, je crois que cette fois-ci, après plus d'un an de déréliction, j'ai renoncé à cet amour.

La semaine dernière j'ai envoyé un poème très joli de Catherine Pozzi que j'ai lu dans le journal 2008 de Renaud Camus à mon docteur David; être qui me fascine, surtout son visage.


"Quand je serai pour moi-même perdue
Et divisée à l'abîme infini,
Infiniment, quand je serai rompue,
Quand le présent dont je suis revêtue
Aura trahi,

Par l'univers en mille corps brisée,
De mille instants non rassemblés encor,
De cendre aux cieux jusqu'au néant vannée,
Vous referez pour une étrange année
Un seul trésor"


Je parlais du visage de David. L'attrait particulier provient essentiellement de ses traits qui me sont étrangement familiers, qui sont ceux d'un mien frère. C'est assez curieux car j'ai remarqué à plusieurs reprises que les garçons qui pouvaient ressembler à ce frère m'étaient spontanément antipathiques. Avec celui-ci, c'était l'inverse qui se produisit.
Vendredi soir, une surprise est arrivée. Depuis plus de quinze jours, je me suis retiré de tous les sites de rencontres auxquels j'étais inscrit. Depuis avril dernier, lors de mes inscriptions à ce type de site, je n'ai quasiment fait aucune rencontre. Bien sûr, quelques plans cul, mais aucune rencontre avec l'Autre. Même les plans sexes sont pathétiques. Je conçois que pour un plan sexe il est toute une procédure sociale  inutile mais je tiens, par sensibilité, à la rencontre même quand il s'agit de ce type de plan. Les garçons sont dans une optique de performance et d'efficacité. D'abord, il vous demande la taille de votre queue, passif/actif, ce que vous aimez etc, etc... Et bien, j'ai horreur de ce genre de demande qui me déprime systématiquement. Éviter le ratage à tout prix, mais je sais que le ratage fait expressément partie de la rencontre et dirais même qu'il en est le joyau. Je préfère encore, s'il agit uniquement de jouer avec sa queue, quel qu'en soit le partenaire,  me masturber avec tous mes amants imaginaires. Vendredi donc ! pendant que je parlais sur i chat avec un mien ami, Nicolas, sur msn, un correspondant inconnu me salue et me demande ce que je cherche. D'habitude, je ne réponds même pas, car s'il est sur msn c'est qu'il fait parti de mes contacts que j'ai choisis. Mais je lui ai répondu et très vite j'en fus excité. Lahore. Un black. Nous avions pris rendez-vous samedi. Quand il est arrivé, bien plus tôt que l'heure fixée, j'étais encore sous ma douche. Naturellement, me voir dans mon plus simple appareil, enroulé d'une serviette, a précipité les présentations et il n'a pas mis longtemps à exiger être dans ma chambre. Nous fîmes l'amour pendant une heure. Dans ses bras, j'éprouvais une jouissance incomparable à tous les amants  jusque-là étreints. Essentiellement actif, rugbyman, en plus ! sans doute n'assumant guère son homosexualité, ce qui m'excite toujours au plus haut point, car leur regard (sur le corps masculin) diffère beaucoup plus que les gays assumés. J'avais l'impression d'être une femme. Je n'ai rarement connu à ce point-là une parfaite harmonie de nos désirs. Hugo, en plus d'être extrêmement sexuel, il est également tendre et protecteur. Quand nous nous sommes quittés, j'ai enfilé ma djellaba bleue que Tahar m'avait ramenée d'Arabie Saoudite, que Lahore  a soulevée pour regarder  encore mes fesses qu'il a pétries une dernière fois tout en me demandant si on allait se revoir. Je lui ai proposé de devenir son amant. Il a ri et m' a dit qu'il acceptait. C'est un noir à la peau très foncée. Les traits de son visage sont fins. Je ne trouve plus belle beauté chez un homme que dans l'acte d'amour. Les traits du visage se figent où l'effort et le plaisir se mêlent. Le visage devient marmoréen, presque de cire.  Lahore avait ce visage quand il me prenait. Il était magnifique. Il était comme une pierre noire que je chevauchais.

*
Le dernier journal de Renaud Camus m'a déplu. Une chance pour le temps, journal 2007. Tout d'abord j'apprends qu'il a voté à l'élection présidentielle pour de Villiers. Je n'en suis pas plus surpris autrement si ce n'est que la personnalité de Philippe de Villiers me semble être aux antipodes de toute la pensée de Renaud Camus. Lui qui ne cesse, à mes yeux, d'être un exemple de courtoisie, de politesse, de civilité, ne peut avoir donné son vote à ce vulgaire représentant du MPF. De Villiers est excessif, manipulateur, roublard (et je ne parle pas des idées qu'il défend, j'en reste seulement à la forme, au style). Ce qui m'est de plus en plus désagréable, c'est que son journal s'éloigne de plus en plus d'une vision singulière du monde, mais de plus en plus, si j'ose dire, engagée.

*

Déjeuner avec Kimien.
J'ai pris un café avec Harry pour organiser notre départ de demain pour le concours. Incontestablement, quel que soit l'examen, et quelle que soit la période de votre vie, on éprouve toujours cette peur enfantine de la sanction et de l'évaluation scolaire. Bien que l'école se soit effondrée, elle nous a en revanche pour toute la vie marqué.
A plusieurs reprises, Harry était ambigu dans ses demandes, des demandes d'amour auxquelles je ne réponds jamais et, desquelles une fois que nous nous quittons, j'éprouve un sentiment de culpabilité. Mais il fallait bien qu'un jour cet amour s'achevât. Ainsi l'amour est toujours dans le dessein des Parques :

La naissance
le déroulement de la vie
et à la fin le fil est rompu.

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