Peler l'écorce

Publié le par Le zôgraphe

 

 

Diapositive1-copie-1

 

Dans ton sang cohobé

pays tu t'abandonnes

à voir l'air malade

tu oublies

ta blessure venue 

de l'homme fou et cruel

 qui nous a tus

on ne sait plus chanter

nous sommes survivants

et nous ne supportons plus la vie

 

revivre la douleur

des premiers temps :

qu'en plus d'être né

nous avons survécu

 

Naître :

issir de sa survie

fuir la vie en fuyant le deuil

 

il nous est resté l'instinct

sur lequel on s'est recroquevillé

la peur, mon pays

le sang cohobé

ru intérieur

qui ne change pas le cours du fleuve

la peur, mon pays

 

traqués par les fantômes que nous sommes

devenus

nous sommes des morts

au corps vivant

et nos rêves en caveau

sortent par l'urêtre

nos craintes

en balbutiant la nuit

 

tout amant sans  amour

a la lèpre

tout messie  messied

à l'homme libre

l'amour libre est sans amour

l'isolé est un révolté

l'amour, ce voyou dans la nuit

 

les oiseaux se répondent

dans la frondaison des arbres au printemps

quand le soleil paraît

le langage du vent et du soleil

 

fumant à la fenêtre

le chat veillant les bourdons

l'écorce d'orange nous parvient 

libération 

la Terre est ronde

l'amour n'est pas sans arôme

 

la peur

les cris

le corps déformé jusqu'à la mort

l'odeur pourrie de la haine organisée

et les rêves

cadavres d'oiseaux

plombés

 

le grand ailleurs 

est au centre

sans trêve

au creux de notre ventre

la peur, mon pays

le grand malheur

de l'oeuvre noire

de l'homme fou et cruel

 

qui es-tu mon pays ?

la terreur rémanente des sous-bois

 le lichen au cœur des résistants

 

mon pays

pèle l'écorce du siècle 

 

Le zôgraphe

 

 

 

 

Publié dans Poésie

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