Salé (Rabat) - Riad dar Nawfel - à Sofiane

Publié le par petit homme

Mercredi 25 juillet, Salé.

 

Nous avons décidé de partir six jours. Notre séjour commence à Salé où nous logeons dans le riad dar nawfel.

La medina de Salé change quelque peu de celle de Tanger. Elle paraît moins touristique. Les hommes y sont vraiment très beaux, jeunes.

Le souk semble plus pauvre, plus sale. Les gens sont indifférents voire hostiles à notre égard. Les sollicitations sont moins nombreuses. Nous nous arrêtons aux ateliers de boiserie où l'on travaille les gravures sur bois. Les personnes âgées sont avenantes et souriantes ; les jeunes sont plus tendus.

Au riad un jeune s'occupe de nous. Soufiane. Au cours de notre conversation, j'apprends qu'il a passé un diplôme de comptabilité et informatique. Il se débrouille assez bien en français. Il dit ne pas l'avoir appris à l'école. Il l'apprend aux contacts des touristes français. Il doit avoir 23 ans. Dents éclatantes, voix posée et agréable, douce. Il habite Rabat et travaille depuis 8 mois à Salé. Il dit que la médina à Rabat est plus propre. Pour s'y rendre, il faut prendre un grand taxi blanc.

Promenade dans le souk

Très vite énervé dans le souk à cause de l'odeur nauséabonde du poisson. L'odeur m'agresse. Une querelle éclate, la même procédure : cinq minutes de tension violente, le monde autour etc...

L'appel à la prière recouvre la ville. Le chant recoupe d'autres chants plus éloignés. L'horizon est saturé par l'appel à la prière.

Soufiane dit que le ramadan est difficile, long : Pour moi, la fin du ramadan c'est comme un an.

Ce qui est extraordinaire avec les riads, ce sont les terrasses d'où l'on peut voir toute une nuit défiler les étoiles. L'univers à coeur ouvert offert à nos yeux et cette prière rend les nuits ... ancestrales ...seul ce mot me vient.

 

Soufiane 

 

Dans le ciel de la nuit de Salé

Phébus me sert le thé.

Ce soir-là, sur les toits marocains

nous reconnaissons ensemble

La terre ronde et tendre

à entendre ma langue

sous l'accent de Soufiane

 

Parmi les astres infinis

Dieu décide un soir de nous envoyer

une étoile

De son royaume : elle nous prête attention.

 

Majestueux ramadan : magie des nuits

Le corps affaibli ; l'âme assoifée et famélique

s'illumine 

Ce soir Soufiane est un présage.

 

Les mots de Soufiane tombe du miel

S'étire,

Se relâche,

Roule lentement

douceur des lettres, silence

des mots qui s'absentent.

 

Le souffle de Soufiane dans la ville de Salé

Possède la langue des enfants qui brillent en peu de mots,

celle qu'aime et comprend

le Dieu du jeûne dans le ciel noir

Allah

 

Souffle de Soufiane

Alif Lam mim

Des mystérieuses nuits

Un inconnu sert le thé.

 

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