L'intendance ...

Publié le par Le petit homme

Dimanche 21 Février, la journée

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Je parle d'un sentiment plus proche de la notion portugaise de saudade, une personne,  un lieu ou un sentiment de la vie irrémédiablement perdu ; une ombre intime qui vous accompagne partout et qui, même si vous l'oubliez le plus souvent, peut à tout moment vous déchirer le cœur, une sentimentalité obstinée, une violente colère à l'idée que vous n'êtes pas là où vous aimeriez être, une mélancolie irrationnelle et enfantine, née de la conviction que vous vous êtes vous-même induit en erreur et dupé en épousant un mode de vie auquel vous n'avez jamais réussi à adhérer complètement.

En marge, Jim harrison

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Hier soir, pendant que je dînais avec Lionel, je ne cessais de repenser à David mon beau médecin ... Nous avions si longuement échanger sur un site gay que j'avais fini par croire qu'une rencontre devenait de plus en plus probable. Et un jour plus rien ... L'ange s'était envolé laissant sur terre l'être humain qui s'y était tant attaché. Rencontre pourtant il y a eu, fortuite, c'était un après-midi, je revenais du théâtre où j'avais déjeuné avec Maximilien,  me croira qui  veut, je pensais sur le chemin du retour à ce beau médecin au moment où je le croisai. J'en fus si terrifié, car si inattendu, que je me mis à accéler au lieu d'aller à sa rencontre J'en étais si bouleversé que le soir même, ayant somatisé sans doute, une migraine vint me clouer la tête sur l'oreiller, comme un marteau-piqueur qui à chaque coup me criait :

-  Imbécile imbécile imbécile !

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Une fois de plus cette fichue chaudière s'est arrêtée inopinément et impossible de la rallumer. Je vis dans un appartement dit social.
Le fait d'être au rez-de-chaussée est déjà pour moi insatisfaisant, car je ne suis pas très rassuré, mais le plus pénible est sans doute qu'aucun branchement, qu'aucun système de chauffage, qu'aucune plomberie ne soiten en bon état de marche, sans parler du quartier désespérant par la  tristesse et la laideur qu'on croirait vivre à Berlin est. Et dans ces appartements dit sociaux, rien ne fonctionne correctement. Au début de mon emménagement, c'était les radiateurs. Chacun d'entre eux se mettait en panne, les uns après les autres, faisant ainsi durer le suspense sur quatre mois. Ce fut ensuite les toilettes ; les ouvriers avaient vidé des pots de peinture pour les  rincer.  Elles furent bouchées. Le plus frustrant, c'est la succession des problèmes, car au lieu de se produire tous au même moment , si bien que le plombier aurait pu tous les résoudre une bonne fois pour toute, non ! ils prirent au contraire un certain plaisir à attendre qu'une panne soit résolue pour en enclencher une autre, dans une autre pièce, à un autre moment. Le plombier venait chaque mois me rendre visite, le gazier aussi. Je suis gazophobe. Je crains  de partir en mille éclats chaque fois que cette chaudière fait parler d'elle. Il m'arrive de regretter mon ancien appartement, bien que dans celui-là se fût l'électricité qui me mettait en état de panique, mais dans ce nouvel appartement tous semble fragile que  je risque de mourir électriser, gazer, et tous cela dans le froid et la faim, et la misère. J'aurais bien besoin d'un médecin qui pourrait répondre au doux nom de David ....

êli, êli, lama sabachthani...

La flamme s'est rallumée ... pour combien de temps...

Souffrir la vie comme une absurdité totale est un fonctionnement aussi ridicule que ceux qui remplissent la leur de mille activités et de mille rendez-vous. L'un n'est qu'impuissance et l'autre n'est que prétention.

J'ai quitté l'appartement de la rue C. à cause de ma séparation d'avec Harry. Tout cet appartement me renvoyait à lui, et donc à l'échec. Étant employé par  la fonction publique, j'avais la possibilité de me voir proposer des appartements du parc locatif social. Le premier appartement proposé fut choisi non pas parce qu'il me convenait, loin s'en faut, mais j'avais hâte de  quitter  et de fuir enfin les souvenirs noirs qui le hantaient. Un choix non sans regrets. Je pourrais de nouveau déménager mais cela demande une trop grande organisation et d'énergies, surtout qu'il n'y a pas urgence, à moins que la chaudière n'explose ... seul l'amour m'a fait venir ici, et sans doute faudra-t-il la même force  pour m'y déloger.

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Mon pull noir aux rayures horizontales grises a rétréci au lavage. Je téléphone à Lionel. Débat sur les cycles de lavage à utiliser pour les pulls. Il s'entête à vouloir les laver aux cycle flash, 600 tours. Je ne sais rien de tous ça. Mais pourquoi ce genre d'incident n'arrive-t-il qu'avec la machine à laver de Lionel ? Au bout, d'une demi-heure de discussion, après avoir fait selon lui la liste des causes possibles ; vêtements de mauvaises qualités, mauvaise laine, mauvais tissus ... etc ... à aucun moment il ne s'est interrogé sur les cycles de lavage et le type de linge à laver. Bref, selon moi, l'essorage est responsable. Il ne suffit pas de mettre tout à 30 degrés, d'ailleurs ce qu'il fait chaque fois, et systématiquement ses pulls neufs prennent cinq ans d'âge. Il y a donc un problème de réglage, bien qu'il résiste à cette possibilité, je crois cependant que l'idée fait son chemin dans son esprit si entêté. Ouf !


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C politique sur france 5. Les invités de Demorand ont tous un point commun  : ils appartiennent  dans leur majorité à cette tendance social libertaire ou démocrate. Les Besancenot succèdent au BHL, au Cohn-bendit, Royal ou alors aux candidats de droite tendance Coppé,  Yade, même le choix de marine Le Pen ne contredit en rien cette intuition elle  est la Jean-Marie Le Pen light. Les autres, à tendance républicaine, ne sont jamais invités, Mélenchon par exemple. Au moins, le regretté, Serge Moati, avec son Riposte permettait vraiment une plus grande représentation des différents courants de la classe politique. Et même si l'ambiance sur le plateau tournait parfois à une discussion trop animée, voire désordonnée, car tout le monde avait tendance à intervenir en même temps, c'était joyeux, vif, très vif. Le journaliste s'effaçait un peu devant l'ensemble des invités. Alors qu'avec Demorand, c'est le classique face-à-face, où le journaliste fait la  pluie et le beau, et domine l'émission. C'est lui la star...
  Ce qui m'étonne le plus, en général, c'est le choix de certains invités. Je ne vois aucunement l'utilité d'inviter jack Lang ou Pierre Moscovici. Que représentent-ils ? En quoi leur pensée est si originale ou intéressante pour justifier qu'on fasse appel à eux pour commenter l'actualité ? ceux-là même qui sont les champions de la langue de bois et de la langue aseptisée.

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Nouvelle liste de quinze mots pour Tahar.

- Tenir
- débarquer
- Répondre
- Livrer
- Défendre
- Poursuivre
- Évoquer
- Embaucher
- Construire
- Apporter
- Mener
- Négliger
- Admettre
- Soumettre
- Permettre


Tahar m'a téléphoné au moins quatre fois à une demi-heure d'intervalle pour savoir si je voulais aller au cinéma, courir, se promener ou faire un tour de voiture. Mais je n'avais envie de rien. Ce soir je travaille, les vacances sont finies. Quel soulagement ! Et le dimanche, j'ai mes petites habitudes. J'écris, lis, regarde l'émission de canal +, puis C politique à 17h30 et enchaîne sur La traversée du miroir de Poivre d'Avor et vais au travail.
J'apprécie de plus en plus Poivre d'Arvor. Sa sensibilité, son côté garçon timide, sa culture me le font aimer davantage. Il est un peu mou cependant dans ces entretiens avec les invités de la traversée du miroir. On ne sait jamais rien de plus sur les personnalités qu'il interroge. Il est un peu Milchel Drucker, caressant, jamais audacieux, rarement impertinent.
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