La colère. La séduction intimidante

Publié le par Le petit homme

Mercredi 17 mars


4464964793_f425b5c4d0.jpgUne grosse engueulade a éclaté ce matin  avec JR. Il est rentré à cinq du matin. iI a comme d'habitude mangé à son retour. Cela m'a réveillé et exaspéré. Le plus pénible sans doute, au regard de ma fatigue, c'est chaque fois  la même ritournelle, le même comportement pénible quand il est chez moi. Il a aussi téléphoné et, pour ne pas me déranger, il a téléphoné dehors, sur la dalle de l'immeuble, et il a donc préféré réveiller tout l'immeuble tant il parlait fort. Je crois que nous sommes arrivés à la rupture. Ce qui a provoqué l'ire dans laquelle je suis tombé c'est qu'il s'est réveillé tout guilleret en demandant avec une voix exaspérante et malicieuse : J'espère que je ne t'ai pas réveillé. NON CONNARD ! Je ne le supporte plus, je ne supporte plus aucune de ses remarques aigries  sur tel ou tel aspect de la vie ou sur telle ou telle personne. Ce qui me charmait et ce qui me faisait rire me sont devenus insupportables. Sans doute suis-je fatigué. Mais il a surtout usé jusqu'à la corde ma patience, si bien que  le moindre geste déplacé ou parole dite de travers me mette dans une rage intérieure. Il est tout simplement infernal et suis tout simplement épuisé de lui.

*

Je discute avec mon collègue Clémenceau dans ma chambre d'internat. Il me parle de ces futures conquêtes. Il est un véritable satyre. Sans doute excité par ses propres paroles il me dit :
-ça me fout la trique. Tu veux toucher ?
Bien sur je ne m'en suis guère gêné. Je me demande où cela va nous mener. Je crois deviner que ce Clémenceau ne serait pas opposé à ce que je le suce un jour. Je crois qu'il ne s'agit chez lui d'aucune tendance homosexuelle, mais d'une conception cynique et hédoniste de la vie. Je suis excité qu'on me suce, qu'importent les lèvres !

  Hier, à l'internat mon  collègue Petra est remplacé par Moha. Nous parlons beaucoup ensemble. Nous parlons de la religion musulmane, d'Israel, de la culture juive. Hier il était un peu abattu. Il considère être en totale régression depuis quatre ans, période à partir de laquelle il a quitté la faculté. Je suis très sensible à son charme. Ses yeux sont tout à fait adorable. Il sont disposés  sur son visage comme sur une peluche. Ils sont marrons très foncés. Par ailleurs, il est tout aussi attirant que charmant.
Sa mère est illettrée dans les deux langues, arabe et français. ça complique j'imagine son rapport à la langue. Sa langue maternelle est souffrante. D'origine algérienne, de parents illettrés, cela semble bien difficile  pour lui d'avoir des repères solides. C'est sans doute ce qui justifie notre rencontre. Je suis également un peu un sans terre, un itinérant, un fugitif qui a trouvé une terre où se cacher. Ce qui est très agréable et gratifiant quand nous nous saluons c'est de voir dans son regard un réel plaisir à me voir. Il a également de très belles mains, faits de longs doigts qui ne sont ni trop fins ni trop épais. En revanche, nous ne parlons jamais d'homosexualité. D'une part parce que j'en suis trop intimidé face à lui pour en faire  référence. C'est un préjugé de ma part, comme si je me prémunissais d'une quelconque possibilité qu'il m'en aimât moins si je lui en parlais. D'autre part, lui aussi ne l'évoque jamais.
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