La maternité et la culpabilité. Du sentiment d'être libre

Publié le par Le petit homme

 

Mercredi 17 Février, le matin

 

 


La souffrance de l'âme rend les enfants tyranniques. Et à qui s'en prennent-il ces enfants tyranniques ? à leur mère. La mère est l'objet de tant de haine. Ma mère est une femme et aucune  mère, dans bien des cas, n'a à souffrir aucunement la culpabilisation à laquelle les enfants sont tentés de recourir, sans doute par réflexe instinctif, car vers qui se tourner dans ces cas-là, si ce n'est vers celle qui nous a donné la vie ?

 

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Tahar est venu me chercher pour dîner. Son admirable gentillesse, son dévouement, ses marques profondes d'amitié amoureuse, son comportement protecteur m'émeuvent beaucoup. Il m'a à la fin du repas donner de l'argent. Je ne peux  éviter de penser que  de cette rencontre des plus improbables, de cultures les plus éloignées, des plus opposées puisse sourdre un tel lien.

 

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J'ai relu un journal de Renaud Camus et je dois dire que je partage entièrement le paragraphe suivant :

Je me refuse à la contingence. Je me refuse à la détermination. Non serviam. Je règne. Je n'habiterai pas la case minable où la réalité sociologique, statistique, économique, et la réalité tout court, veulent m'enfermer. Je ne répondrai pas aux questions de vos tests. Je ferai mentir vos sondages. Je récuse les lois de votre crédit. Comment dit Personne(1), exactement ? " Mon destin relève d'une autre Loi, dont vous ignorez jusqu'à l'existence, et il est de plus en plus soumis à des Maîtres qui ne consentent ni ne pardonnent.


Sans doute la phrase que je partage le plus est la suivante :

Il convient de mettre le destin devant le fait accompli. Ensuite, on trouve toujours des solutions et parfois non, bien entendu.

Pour revenir au propos initial qui évoquait la tentative de se retourner contre un coupable désigné  à votre situation, souvent les parents, cette phrase m'enseigne qu'aucun responsable ne doit être accusé si et seulement si votre vie est vouée à sa libération, à se libérer, à tenter de devenir autonome, libre. La liberté a sans doute un prix. Tenir tête quand on vous inflige toutes ces contingences  et que bien souvent vous vous êtes infligé vous-mêmes à mépriser les Lois qu'on tente de vous imposer pour vous mater, pour vous faire rentrer dans le moule, mais sachez que  le prix à payer est terrible et à la fois heureux, car une fois libéré, de comptes vous n'avez à rendre qu'à vous-même, et sans doute est-ce là le plus cruel des combats, car je crains qu'il n'y ait pire bourreau que soi-même.

Toute ma vie témoigne en un sens de cette liberté. Jamais contestataire, jamais révolté outre mesure, mais libre, assumant des choix qui m'ont souvent amené à la rupture presque malgré moi. La violence de tout système, de toute organisation, de tout regroupement social, quand un des ses éléments qui présentaient jusqu' alors aucun signe véritable d'insoumission, seulement, à la rigueur, compris comme une forme d'excentricité, se met en branle quand un jour vous décidez de ne plus suivre le chemin tracé devant vous. À l'insoumission s'ajoute, pour le système, un sentiment intolérable de trahison.

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Aucune nouvelle de la banquière ? et ce depuis une semaine ? Le prêt est-il refusé ? Pourquoi ce silence ? Rien de bon j'imagine ...
 Hier, j'ai tenté d'écrire un article qui aurait dû essayer de clarifier toutes les positions de chacun des partis à gauche pour savoir lequel aurait mon vote. On m'a obligé de revoir, encore et encore ma copie. texte trop obscure, emberlificoté, phrases trop longues... Comment arriver  à délier une situation complexe sans être obligé soi-même d'apporter sans cesse des nuances au propos que j'avance...

Voici un exemple où l'on m'a reproché  l'obscurantisme et l'emberlificotement de ma pensée :

(...)Ou alors je pourrais voter LO, mais si je votais Lutte ouvrière ça me ramène inévitablement à une contradiction nouvelle. Puis-je voter pour un parti qui ne représente pas mes idées ? sans qu’automatiquement, une voix interne vienne me chatouiller et me dire que si j’étais  prêt à voter un parti pour lequel les idées ne me conviennent pas, alors ne vaudrait-il pas mieux voter pour le parti qui corresponde, au mieux, à mes idées, bien que les personnes et leurs méthodes, l’incarnant, ne me satisfassent pas … Et voilà que je repars aux prémisses de ma réflexion ! (...)

Je ne sais plus quoi penser, est-ce ma faute si la gauche est traversée par mille contradictions ? Comment pourrais-je  rendre compte au mieux, des contradictions, si ce n'est que par une pensée qui, elle aussi, passe par tant de nuances, pour essayer  de dés-enchevêtrer les noeuds, qu'on finit par se perdre quand même. Je donne à l'explication un aspect presque humoristique, malgré moi, un peu à la Raymond Devos ...



 
(1) Pessoa


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