La nuit vestige

Publié le par Julien

Un jour d'Octobre, il regarda cet ancien amour dormir dans la fragilité du sommeil. Il s'étonna toujours qu'une telle confiance, qu'un tel abandon pussent exister la nuit entre deux êtres.

Puis l'aube recouvrit d'une lumière de cendre la chambre. Puis la lumière rose du lever de soleil arrivait à hauteur de leur corps libéré par les draps que la chaleur avait chassés durant la nuit.  La tête de ce garçon posée sur l'oreiller avait  des traits d'enfance. Le repos  avait lissé son visage.

Il aimait partir au petit jour, trouver une agitation nouvelle au matin de la ville .

Il pensait à la façon si particulière qu'ils avaient de faire l'amour. Faire l'amour en lisant des livres. Ils avaient entendu ici ou là dérober à leurs râles des mots comme la mort, le sexe, le corps, la mer, le bruit des phrases. Ils baisaient au gré de la grammaire. Les mots se rattachaient dans un délire taphophile à leur mouvement du corps, comme si l'univers était là, absous, partout, en présence des ancêtres.

Publié dans Écriture

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