le bel explorateur ou la fin du monde

Publié le par Julien

 

 

 

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Anne-Sophie Lapix, Arlette Chabot, Laurence Ferrari reçues le vendredi soir  au Grand Journal témoignent de la violente injustice dont elles sont victimes, notamment par le bouillant et bourreau Jean-Luc Mélenchon. Soutenues par le brave Jean michel apathie qui depuis qu'il chronique à cette émission se sent pousser des ailes en volant vers le ciel de l'arrogance en distribuant les bons et les mauvais points d'une opinion qui se résume le plus souvent  à des platitudes de la plus belle eau. On les entend pérorer sur leur légitimité, leur respectabilité. Pourtant, on n'arrive guère à comprendre ce qu'ils défendent, ce qu'est  leur  conception du journalisme. En les écoutant, on se range très rapidement du côté de mélenchon tant ils sont suffisants, sûr d'eux-mêmes, sûr de leur suprématie, sûr  de leur parti pris. On analyse ; on se rend compte qu'ils sont tellement coupés des réalités du pays que leur neutralité  à les entendre à les lire à les écouter n'est que de l'indifférence sans intelligence, sans critique, sans recul, symptomatique d'une élite qui tourne à vide, d'une élite nouvelle, dorénavant ancrée dans le XXIème siècle; une élite télévisuelle qui puise sa légitimité par sa seule présence à la télé : c'est la consécration de l'ère de l'image.

 

La mobilisation des jeunes dans la rue pour les retraites confirment qu'ils n'ont  qu'une vision économique de l'existence. Comment peut-on attendre une révolution d'une telle génération  qui ne sait pas voir, qui ne possède aucune sensibilité, qui n'a aucun sens historique si ce n'est réduit qu'à un quart de siècle? Le monde aujourd'hui en est là : c'est le monde de Chabot face à celui de Besancenot -période réduite à une nullité poétique et donc politique.

 

En allant à l'exposition Nadar au chateau de Tours, accompagant une classe d'élèves, j'ai pu constater le travail du siècle sur leur sensibilité, la mécompréhension, l'ennui, le ridicule, la fatuité d'une génération sûre d'elle-même, sans héritage, sans vocabulaire et donc sans complexité. Elle avance, déambule dans les couloirs d'un musée sans jamais ressentir à quel que moment que ce soit le poids de l'écrasement d'une œuvre, sans jamais se sentir étranger une seule seconde, jamais intimidée par un lieu où il se passe quelque chose qui les dépasse, qui les éloigne d'eux-mêmes. Cette génération est sans envie de conquête, imbue de son ignorance comme garante de son authenticité.

 

Une jeune fille dit :

-j'ai envie de faire caca.

un autre ajoute :

-M'sieur, il n'y a que des photos de vieux ?

Les trois quart du groupe se désintéressent rapidement, trouve très drôle la petitesse des portes du musées où leur tête puisse à certain moment toucher l'extrêmité de la hauteur du passage d'une pièce à une autre, rien de plus métaphorique sur leur sentiment de  toute puissance ; le tromphe de l'adolescence capitaliste.

Puis, un, deux, trois élèves s'attardent, s'interrogent. On sent leurs yeux grandir et leurs questions deviennent plus précises ... alors ...

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