Communisme

Publié le par Jules

 

à Mahmoud F.

 

Le monde est bruyant et l'homme est sans cris

Ce mot est une île et le son ses oiseaux

 

Le monde où j'avance

est le monde où ce mot expire

Le monde où je vis

est ce pauvre monde

où les pauvres gens se noient

 

Le monde où je vis

est le monde où je vole

et je vole sur l'arête

de ce mot sans voyage

 

Ce mot à mes côtés est assagi

Passent des jeunes qui le lorgnent 

s'étonnent de ses voyelles à l'air libre

puisqu'il n'y a pas de musique

en la pauvreté d'un monde

puisqu'il n'y a pas de musique

dans le monde où je vis

 

"Cet imbécile qui ne sait pas !"

La jeunesse rit de ce mot

qu'elle ne connaît pas

Elle se moque de sa chair effarée

Elle se moque de ses lettres de sa mue et de son âge

 

Les mots sans laisse la déconcertent

Aujourd'hui le poème  est en captivité

 

 

Seuls subsistent les mots obèses

nourris d'hurlements et de sauvagerie

Mots dangereux qu'on élève la nuit

pour les mener à la guerre

par les hommes de la cité

qui les tiennent d'une main de fer

 

Ce mot est une île et le son ses oiseaux

Vole sur l'arête de ce mot sans voyage

 

Attends sous la pluie le vers

Entends le soc de la phrase

qui écorche la terre

 

 

L'autre vie est libre !

l'amour est un mot qui enferme

L'autre vie est libre !

L'île est sans frontière

Regarde le large

de tes yeux en colère !

Le large est sans frontière

 

                             Ne crains pas l'horizon,

 

À ton approche

il tourne en rond,

                            il craint

                           tes yeux

qui percent la nuit

qui percent la vie

 

 

Ne sois pas soltat aveuglé de rêve

Le rêve est l'avers de l'impossible

Ton regard est trop fragile

pour ce mot à bannir

 

 

Ce mot est une île et le son ses oiseaux

Vole sur l'arête de ce mot sans voyage

 

Attends sous la pluie le vers

Entends le soc de la phrase

qui écorche les villes

 

L'économie est pour l'homme qui meurt

Invente un autre langage

pour unir les hommes !

N'échangeons rien de ce qui demeure

 

Éloigne-toi au point  de ne plus te connaître

Deviens énigme des hommes en toi

 

                           * 

 

Refuse les âges ; tu es auteur

tu es l'ailleurs le ciel et les étoiles

Laisse les larmes qui se mêlent à l'Histoire

Laisse grandir les frontières des empires

 

Ne consteste pas César,

Tu parles d'autres peuples

Il a ses frontières, tu as l'univers

 Armé de ton regard et de vingt-six lettres

 

Regarde ton pays

Où sont les maquis et les forêts ?

Où sont les tâches combattantes sur les collines ?

Où sont les regards désillés devant l'horizon rouge ?

Les coups de feu que tu entends

sont ceux des enfants du défilé

et les parades autour du  feu

 

Les campagnes rougissent de ne pas être des villes

Les étrangers rougissent de ne pas être de ton pays

Les gens de ton pays rougissent ne plus être de leur pays

Tu vois : les frontières sont des touristes ;

ils sont les  nouveaux nomades-propiétaires

 

Ils voyagent gonfler d'orgueil

en éco-pillage

voient de nouveaux ciels

et de nouveaux paysages sans voir

qu'il manque partout le sel de la terre

sur laquelle courent les bambins

qui courent en vain 

derrière les droits humains

 

L'Histoire  confisquée par quelques-uns

daigne un jour te rejoindre

et ce Dieu qui a rejoint ses églises et ses mosquées

nous a de nouveau laissé tomber

 

 Écoute

l'écho éclaté de ce mot en colère

résonne encore aux crépuscules des Hommes

 

                      *

 

Laisse à César ses frontières

Tu es l'ailleurs le ciel et les étoiles

Laisse les larmes qui se mêlent à l'Histoire

Laisse grandir les frontières des empires

 

Le souvenir est lâche  le rêve

fragile  le drapeau dérive

 

Rejoins,

toi et tes compagnons,

l'ailleurs où l' on clame son nom

 

Invente ce mot nouveau pour l'homme

Réinvente l'univers

des lettres en quelque langue que ce soit

pour le sortir de son silence

Réinvente les cris archaïques

Convoque l'univers

pour qu'aucun homme te comprenne

et que tous dorénavant te suivent

 

 

Ce mot est une île et le son ses oiseaux

Vole sur l'arête de ce mot sans voyage

 

J'attends sous la pluie le vers

J'entends le soc de la phrase

qui écorche mon coeur

 

Le mot à mes côtés est éreinté

Tu es étranger comme tu es la terre

Tu es si beau venu des nations étranges

Tu l'as sur la langue inconnue :

 

ce beau mot au point lever à l'aube du jour,

 

  communisme

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Écriture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article