Le NPA est révolutionnaire ...

Publié le par Le zôgraphe

 

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Demeure un sentiment de colère chez les partisans du rassemblement de l'autre gauche depuis le refus du NPA de se rassembler avec les autres composantes du Front de Gauche.

 

On peut comprendre que des militants de longues dates du NPA, avertis, se méfient d'un vieux loup de la politique qu'est Jean-Luc Mélenchon et du Parti Communiste. Le Front de Gauche reste un mouvement nouveau dans le paysage politique qui se construit sur des structures archaïques qui essaient pourtant d'en sourdre un mouvement inédit de rassemblement de l'autre gauche. D'autant que sa proximité avec le parti socialiste est encore frais et encore effectif dans des biens des cas. Ne soyons pas dupes de nous-mêmes.

 

On peut aussi comprendre la déception des  partisans du front de gauche : que demander de plus à des militants qui se sont rebellés contre leurs propres structures pour faire émerger un mouvement radical ? Que demander de plus à un militant qui a rompu avec son histoire, sa tradition et ses anciens camarades pour prendre un chemin bien incertain ? N'est-il pas courageux qu'un homme ou une femme rompe avec tout son passé pour tendre la main vers une gauche révolutionnaire ? Ne sont-ils pas assez légitimes ces hommes et ces femmes qui avant de faire  la révolution l'ont d'abord appliquée à eux-mêmes ? Ne sont-ils pas légitimes à proposer la rupture aux autres quand eux-mêmes l'ont faite dans leur chair, dans leur pensée, dans leur idéologie, dans leur façon de re-concevoir le monde ? Qui pourrait avoir la prétention de leur dire : c'est insuffisant ? La révolution ne se fait pas seulement avec des révolutionnaires ; elle se fait avec la colère; elle se tisse  avec des hommes meurtris par l'injustice ; des hommes qui ont compris que leur vie dans sa plus humble expression ne leur sert plus à rien, si ce n'est être l'esclave d'un système confisqué par quelques uns.

 

Le Parti communiste  qui exaspère si souvent les militants de l'autre gauche n'est-il pas lui aussi, peut-être pour la première fois de son histoire, au rendez-vous (même si c'est en partie pour des raisons opportunistes, mais pas que ça, les militants communistes veulent aussi voir appliquer les idées à partir desquelles  leur vie s'est fondée) d'une autre gauche capable d'inventer un système autre que celui du capitalisme.

 

Souvent, Olivier Besancenot évoque sa génération de révolutionnaires qui n'a pas connu de révolution. Le rassemblement de l'autre gauche n'est-il pas un début de révolution  quand tant de mouvements alternatifs décident de s'unir pour accompagner la colère des gens qui n'a jamais été aussi élévée dans ce pays ? Est-ce traduire cette colère  que de participer uniquement dans les rues et d'éprouver de la fierté à constater que ses drapeaux rouges soient les plus nombreux dans les manifs ? Quelle fierté en tirer, si une fois achevée, chacun des travailleurs rentre chez lui le soir tout en sachant le lendemain que la vie sera toujours aussi dure, injuste contre lui et ses camarades et ses frères et ses enfants ?

 

Quand on en arrive à exiger tout ou rien, souvent rien n'arrive. Je suis cependant optimiste ; la colère populaire est toujours plus intelligente que les partis ou mouvements qui prétendent l'incarner, la représenter, l'accompagner.

 

Je crains que le NPA soit devenu aussi monomaniaque que le fut nagère le PCF. 

 

Cependant, le NPA n'a pas à rougir (si j'ose dire) de son action, car il fut souvent bien seul à représenter la classe ouvrière depuis longtemps ; et les nouveaux révolutionnaires d'aujourd'hui seraient bien inspirés ne pas l'oublier. Et je conseille  quiconque en mal d'humanité de fréquenter des militants trotskistes qui sont, dans le monde brutal que nous connaissons,  des ilots où l'on respire encore le rêve de vivre autrement.

Ne l'oublions jamais.

Publié dans dégagement

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