Notes de voyage : Meknès

Publié le par petit homme

Le vendredi 27 juillet, Meknès

 

J'ai horreur du tourisme. J'éprouve je ne sais guère pourquoi une horreur une gêne et parfois même de la honte à être l'objet des regards des locaux. Je me sens comme un japonais ridicule. Je voudrais vivre ici plus que visiter cet endroit.

 

À la terrasse d'un bar qui offre une vue intégrale sur la place Lahdim qui se trouve en face de la  Bab Mansour, une porte principale de la médina. La place est vivante, grouillante. Des chants. Il n'y a pas beaucoup de touristes, c'est surprenant. Le ramadan ? La crise ?

 

Partout où nous sommes, tout se négocie et se monnaie. Il suffit cependant de dire "La soukran" non merci, pour s'en débarrasser, sorte de formule magique qui semble nous libérer de ces démons de la demande, qui les expulse de nous.

 

Les taxis de ville sont tous de couleur et chaque ville en a une qui lui est propre : jaune à Rabat, bleu foncé à Meknès, bleu ciel à Tanger, rouge à Fès et d'une autre teinte, blanche ou grise, pour les liaisons d'une ville à une autre.

 

Hier à Rabat lors d'un festival à la Kasbah des oudaïa, des poèmes arabes furent déclamés. Je fus interpelé de la même manière le jour où j'entendis un poème de Darwich lu par lui-même, "les fleurs d'amandier", sur la prononciation jouant sur l'élongation des mots et des phrases, comme des scansions dans le mot même, à la lettre même, et qui fonctionne par glissade, enjambement vocalique ; quelque chose d'un rythme interne à la langue  d'une musique lancinante qui parcourt la cime des mots.

 

Beaucoup d'enfants dans les rues. Ils jouent, chahutent et sont animés d'une passion pour l'expulsion  de crachats en jets rapides, ou alors ils déversent une sorte de crachat mou et dont la chute est lente et s'écrase littéralement sur le sol en une tout petite flaque.

 

Tout habitant est ici guide. Tous ont une chose à proposer. Cette hardiesse masque l'immense pauvreté, la désolation d'un peuple qui attend, qui attend le chaland, qui attend le temps, qui attend l'opportunité, qui occupe le temps, l'occasion. C'est un peuple d'occasion.

 

 

Jucher sur une terrasse au coeur de la médina, les toits forment l'horizon.

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