Notes de voyage : Rabat

Publié le par petit homme

Séjour à Rabat, le jeudi 26 juillet 2012

Le soir, à la rupture du jeûne, dans une rue de la médina déserte, un marchant accroupi devant un tabouret est entrain de déguster sa harira. Le silence de la rupture du jeûne et la pénombre qui dorénavant domine en raison de toutes les lumières éteintes crée une ambiance particulière qu'on peut retrouver en France à l'aube quand les cuisines commencent peu à peu  à s'animer paresseusement  et où les gens, sans doute encore plein de sommeil, s'éveillent lentement. Il nous propose gentiment de partager son repas. Nous déclinons l'invitation. Sur le même chemin, un peu plus loin, tout aussi généreusement, un deuxième marocain nous propose à son tour de partager son repas. Nous lui expliquons préférer un restaurant pour le laisser dîner en toute quiétude. Il nous invite à le suivre pour nous guider jusqu'au restaurant. Le long du parcours, ce marocain d'une cinquante années, maitrisant parfaitement le français, nous raconte mille petites anecdotes. Je dois reconnaître que beaucoup d'entre elles sont écoutées d'une oreille distraite tant la faim me tiraille. Il nous dit qu'au milieu des chemins de la médina les marchands au sol vendent de la contrefaçon venue de Chine. Ils sont des vendeurs ambulants qui ont la particularité de remballer leur fourbis avec dextérité à cause de la police qui les chasse. Il évoque la jeunesse, leur errance, les problèmes de drogue et d'alcool. Chaque jour, à Rabat, devant le parlement, manifestent des jeunes diplômés (des docteurs) hautement qualifiés qui exigent que le marché de l'emploi s'ouvre à eux. Ici, guère d'issues pour les diplômés qui espèrent gagner leur vie à la hauteur de leur  niveau d'études. Il dit qu'au Maroc la jeunesse talentueuse est sacrifiée  au détriment d'une jeunesse de mille petits boulots. Ici tout le monde se débrouille, mais au fond il y a peu de créations. Le pays ne grandit pas. Alors, il ne reste que l'argent qui fascine.

 

 

- La plage de Rabat

 

Je fus surpris de constater à quel point la plage est ici souillée par des centaines de détritus qui parsèment l'intégralité de la plage. Au bord, sur le sable mouillée, des hommes de tout âge jouent au ballon. 

 

Au fur et mesure que le soleil s'approche de la mer, le vacarme s'estompe, et tout devient murmure. Le soleil est dorénavant noyé ; la nuit commence. La capitale du Maroc s'est éteinte en vingt minutes. Spectacle étonnant. Les rues sont désertes et silencieuses. Les sacs plastiques voltigent au vent, ultime preuve qu'une vie existât ici. En à peine deux heures, deux villes se superposent, comme si le jour et la nuit se confondaient en une organisation nouvelle et se trouver face à la mer c'est se trouver devant la grande horloge divine.

 

La vie se retire quand monte la marée, quand seule la lune domine. Ici où là, quelques groupes de jeunes rompent le jeûne au bord de l'océan. On entend sa respiration, son mouvement. On dirait qu'il veille sur Rabat.

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