Notes de voyage : Volubilis ou Walili

Publié le par petit homme

Le samedi 28 juillet,

 

Le matin, Meknès

 

Il fait chaud au réveil. Là aussi, nous avons vue sur les toits - et derrière les toits, des arbres. Les marocains sont comme des oiseaux toujours nichés en hauteur au plus près du ciel. Ce riad est agréable mais les employés sont mois chaleureux que ceux de Salé. Ils sont davantage distants.

Nous bûmes hier soir un thé sur une terrasse de Meknès, la place Lahdim. Cette place est merveilleuse. Les remparts brillent comme des phares. La foule est immense. Les femmes bavardent à l'air chaud du soir, assises sur les marches d'un grand escalier. Les enfants viennent les voir ; les femmes se fâchent à propos de tel enfant, puis  d'un autre. Des marchands sont là à vendre des jouets, des vêtements, des babioles. Beaucoup d'enfants viennent à nous nous proposer pour quelques dirhams un paquet de Kleenex. Un vieux nous propose son tissu, un autre des bijoux. Sur le côté, un cercle immense est formé autour d'un conteur qui par de grands gestes grandiloquents tient en haleine un public captif. Ici, un magicien, là-bas un cheval à belle monture. Le mouvement des uns et des autres projettent des ombres qui semblent faire danser sans cesse des fantômes. Opéra de lumières, de chants, de nuits. On se croirait dans les enfants du paradis. La cour des miracles.

 

L'après-midi, Volubilis

 

Nous allons à Volubilis ou Walili en arabe, l'ancienne ville romaine. Le chauffeur est un vieux monsieur. Son taxi est une guimbarde dont les joints de portières se décollent.

 

Nous prîmes un guide, Hassan. La ville romaine se situe sur une colline. À l'alentour, des champs et au-delà des champs, des montagnes. On croirait que la ville est entourée d'une rivière d'or. Le guide est débonnaire et drôle et n'a d'yeux que pour notre amie "la gazelle" comme il dit. Je suis ému à l'idée de penser qu'une civilisation était là vivante comme l'est la place Lahdim maintenant et dont il ne reste aujourd'hui que les vestiges. Je me promène seul sur les dallages du decumanus essayant d'imaginer, de réinventer la vie à l'époque romaine. Je passe devant les pressoirs d'huile d'olives qui faisaient la richesse de la ville. Je vois les latrines où les romains continuaient leur négoce tout en déféquant ensemble pour ne pas perdre du temps et si les places étaient froides en hiver, des esclaves venaient chauffer le siège de leur maître.

Le soleil est brûlant. Au loin, nous apercevons la petite ville sainte de Moulay Idriss, propagateur de l'islam au Maroc. La particularité de cette ville est que sa silhouette au loin ressemble à celle d'un dromadaire enté sur la montagne. Dans cette ville demeure le tombeau de Idriss Ier érigé par le grand sultan Moulay Ismael contemporain de Louis XIV dont notre guide nous dit qu'il était le seul  roi que Moulay Ismael estimait. D'ailleurs, il proposa à Louis XIV d'épouser sa fille. Hassan, notre guide, affirme que le roi français a refusé car il savait la folie du sultan qui entretenait entre cinq cents et mille concubines.

 

Visite de la petite ville sainte de Moulay Idriss dont on nous dit qu'elle est la petite La Mecque des pauvres. Longtemps interdit aux touristes, celle ville est réfractaire à notre visite. Notre promenade est sous tension. Les regard sont malveillants. Demeurent malgré tout ces guides, ces quémandes, ces négociations permanentes. Nous restons guère de temps car il est malaisé de se balader dans un tel climat hostile.

 

Retour à Meknès.

Les rues sont étroites et tortueuses. Nous nous perdons souvent.

Dans la nuit, j'ai fait un cauchemar. Une policière se précipite vers moi et me demande de m'isoler du groupe d'amis avec qui je suis. Elle m'annonce le décès de ma mère. J'étais ravagé par le chagrin. 

Mes amis de chambre m'ont dit que j'ai ronflé à plein nez.

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