Notes de voyages : Tanger, café Hafa

Publié le par petit homme

Le 2 août 2012, après-midi au café Hafa

 

Je suis face au détroit de Gibraltar. Le ciel est vaporeux. Trois petites barques de pêcheurs sont près de la côte. De chaque côté, les deux continents s'étirent, entre lesquels les mers se dégradent de bleu et de gris. Lointainement, de longs bateaux de marchandises forment des barrettes qui semblent retenir le ciel à la mer. Même les montagnes sont bleues. Le serveur Reda se rafraîchissait à l'aide d'un tuyau d'arrosage quand je lui ai demandé s'il pouvait me fournir quelques cigarettes ; l'eau ruisselait sur son corps longiligne, gracile, brillant sous le soleil. À cette heure de l'après-midi, les terrasses du café sont désertes. Le café Hafa surplombe la mer. Il se situe sur le sommet d'une sorte de coteau et chaque terrasse à laquelle on accède par un escalier est à un niveau différent. Il y a le vent, doux et léger. On me dit que la villa voisine au café est celle de Bernard Henry Lévy. Dans la mer, les vagues dessinent de grands traits parallèles à la côte espagnole. Ce sont-là les traces comme de grandes cicatrices géométriques. des frictions de la mer et de l'océan qui se rejoignent.

 

Je ne sais pas si on s'attache, comme en amour, aussi facilement à une ville, à un endroit sur un continent dont on fait pour la première fois la visite, mais je dois reconnaître que mes premiers pas en Afrique du nord me bouleversent, me donnent le sentiment de vouloir vivre ici pour toujours.

En regardant la mer, j'imagine Genet et Mohamed Choukri.

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