Objet narcissique. L'écriture arabe.

Publié le par Le petit homme

 

Mercredi 3 mars


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Nouvelle insomnie. Je ne cessais de tourner et retourner dans mon esprit la relation d'amitié que j'entretiens avec JR. Nous discutions ensemble ce matin. Le ton est un peu froid. Que lui reproché-je ?  son activisme excessif, sa volonté de jouer un peu trop personnel, son désir de vouloir tout diriger dans le site internet dont je suis le webmaster. Bref, chaque fois que nous entreprenons quelque chose ensemble nous finissons par nous détester. Des enjeux narcissiques ont lieu et jamais ils n'ont été résolus. Je ne sais pas pour quelle raison mais il m'a toujours oppressé. Harry me dit que je suis son objet narcissique. Cela lui procure sans doute un soulagement mais cela veut dire qu'en retour j'ai accepté d'en être l'objet. Ce qui explique sans doute le sentiment d'oppression que je ressens à son égard. Il me dit vouloir arrêter sa collaboration pour éviter qu'on ne finisse fâché. Il a sans doute raison. J'ai accepté. Quelques heures après j'en éprouve un soulagement et retrouve ma créativité. Je crois que l'article que je n'arrivais pas écrire était le résultat de ce sentiment d'oppression. Je n'arrivais à plus écrire, car j'étais bloqué, je  me sentais dénarcissiser. Cette collaboration s'achève, libre.

*

Première leçon d'arabe.
Kataba (a) 'katibou : l'écrivain a écrit.

Les deux mots suivants sont : il a écrit :

كتب

ََكَتََب

La première difficulté en arabe est que chaque lettre possède une graphie différente en fonction de sa position dans le mot. Je vois, cher Diurnal que tu fais les gros yeux, je te donne un exemple (pardonne-moi si cela n'est pas clair, mais mon clavier macintosh me permet d'écrire en arabe mais je ne le maîtrise pas beaucoup pour l'instant) :

Pour la lettre B qui se nomme Bà' s'écrit en position isolée :  ب
 en position initiale et finale (lis de droite à gauche, les trois lettres attachées sont les mêmes) :  ببب

Le verbe en arabe est souvent placé en tête de phrase.

Ainsi le premier mot que j'ai appris est le verbe Kataba (il a écrit) et le second le sujet al-kàtibou (l'écrivain) :

كتب  ا اكا تب     

Cette phrase est incorrecte car je n'arrive pas à trouver les lettres arabes sur mon clavier ... et ça m'agace !

Bref, j'ai appris à écrire trois lettres :  ك ت ب ا

*
J'ai donné un cours de français à mon élève Hakim. Texte de Mérimée, une partie de Trictrac. L'extrait porte sur un récit dans le récit. Bien sûr, il est passé à côté. Les élèves pêchent incontestablement par manque de rigueur et de méthode. Cependant, ils sont écrasés par le texte et c'est un sentiment bien naturel. Comme toute œuvre d'art, il est normal de se sentir  impuissant. La seule façon de pouvoir  comprendre quelque chose c'est inévitablement d'en avoir l'habitude, je veux dire prendre l'habitude de fréquenter les lieux culturels, les musées et pratiquer la lecture. L'habitude de lire. Ainsi, au fur et à mesure, le sentiment d'écrasement tend à disparaître et peu à peu nous commençons à préférer telle ou telle peinture, tel ou tel écrivain, une sensibilité se forge.
Le problème récurrent avec les élèves, c'est qu'ils conçoivent le français comme un enseignement bien abstrait alors que cette langue est leur langue maternelle, c'est-à-dire chargée d'un héritage, d'une culture, d'une façon de voir le monde, quelque chose de plus grand qu'eux, quelque chose qui est plus chargé d'émotion, de repères historiques et sociaux que leur vie personnelle. Je ne cesse de répéter à l'envi que moins il maîtrise la langue plus ils seront la proie de ceux qui la maîtrisent mieux. La lettre est un monde de sens, un mot tout un univers, et l'ensemble des combinaisons possibles constituent la marche des mondes. Pour comprendre le monde, pour en être lucide et finalement libre, il faut maîtriser la langue. La langue est une conquête, et conquérir la langue c'est conquérir le monde.

*
Dans Derniers jours, journal 1997 de Renaud Camus j'ai trouvé la phrase suivante qui pourrait totalement convenir à l'image que je me fais de ma beauté :

"Un garçon pas particulièrement spectaculaire, à première vue, mais qui se révèle de plus en plus beau à mesure qu'on le regarde bien".


*
Je me sens tellement fatigué.
J'écris à la lumière d'un soleil couchant s'éclipsant au centre d'un ciel nuageux d'une véritable beauté. Tout semble rentré dans l'ordre, la faim, la fatigue (quoi que) et le froid et toutes les misère du monde, c'est par mon amour que je crois, comme le dit la chanson ...
 Le printemps arrive et avec lui la joie de vivre. Il me faut juste recouvrer le sommeil.
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