Pirate

Publié le par Jules

La lumière traversait ses cheveux désordonnés. On eût dit une poupée avec des cheveux en papier maché.

C'était une sorte de pirate qui un jour eût pris le large.

Ses yeux vous obervaient comme les étoiles figées au-dessus d'un bâteau enté sur l'océan.

 

Un voix aggravée par la fumée de cigarette, par la gravité de la vie.

 

Son visage est tout son corps.

 

Son chien aux gros yeux ressemblaient aux miens de ce matin-là.

 

Des drapeaux noirs flottaient sur sa tête. Ses yeux étaient parfois sans regard, comme ceux d'un fou, la beauté d'un regard médusé.

 

Il vous regarde, vous lit, se demande ce qu'on pourrait faire de ce visage, le remodeler peut-être.

 

Je ne fais qu'écouter la musique de l'existence.

 

Je me souviens ; il y a ce corps à corps, ce désir échauffé par la langueur des baisers. Les barbes se frottaient comme des silex.

 

Je ne le reconnaisais pas. Puis je le vis à nouveau, puis à nouveau de nouveau.

 

                                               Des petites saisons qui dessinent le paysage, qui vont et viennent

                                               Qui chaque fois vous surprennent.

 

Il faut prendre son temps pour éviter de le perdre.

 

Le pirate me regardait. Il aimait déjà l'amour : assoiffés d'eau non salée.

 

Je suis un naufragé : le mot est une île et le son ses oiseaux.

Une île un peu déserte, dénudée. L'horizon  seul toit.

 

   J.BERNHY

Publié dans Écriture

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