Rêve. NPA. La voix.

Publié le par Le petit homme

Jeudi 11 Mars


3066353885_e7832c0070.jpgNouveau rêve. J'étais avec deux  personnes. Nous étions en prison,  non pas dans une cellule mais sur une sorte de terrasse entourée de créneaux comme sur les murailles d'un château. On cachait des cigarettes. Est venue un moment une femme qui ressemblait à Martine Aubry qui était en quelque sorte la geôlière. On sentait sa haine. Elle nous haïssait comme nous-mêmes la haïssions.
Ce rêve est imminemment politique. Illustre-t-il, au regard de la présence de Martine Aubry, le sentiment d'emprisonnement idéologique à gauche dans lequel je suis vis-à-vis du parti socialiste. C'est-à-dire que  la social-démocratie nous a renfermé dans une impasse et qu'en un sens nous n'arrivons plus à être entendue pour une alternative.
Ce que je m'explique moins c'est la présence d'une litière pour chat ... était-ce là aussi une métonymie du déchet, du rebus,de la déjection, en un mot de ce qui reste de l'autre gauche non social-démocrate ?

Plus d'une heure d'entretien avec la tête de liste départementale du NPA. le NPA est le parti qui rassemble beaucoup de qualités, une organisation militante démocratique, une présence permanente dans le mouvement social, une prise en compte de l'autre en général, de l'altérité, de l'étranger. Et ils sont pourtant inaudibles ou incapables de convaincre le plus grand nombre; est-ce en raison du fait justement qu'il défende le minoritaire dans lequel logiquement le plus grand nombre ne se reconnaît pas ?
Nous étions dans un café où la clientèle bobo se mélange à celle des prolos du quartier. La candidate est jolie. Son compagnon l'a rejoint. Il est tout aussi charmant. Les militants d'extrême gauche sont assez désarmants car leur pureté, leur colère conte l'injustice du système les rendent convainquant, mais est-ce inhérent à cette forme de purerté idéologique, sans concession, sans compromis, il s'en dégage aussi une sorte de naïveté qui tend à les desservir car ils apparaîssent moins crédible, fragiles.

  Nous avons réentendu rapidement l'enregistrement de l'entretien. Je sais bien qu'il est une vérité commune à ne pas reconnaître sa propre voix dans un enregistrement. Quant à moi je la reconnais tout à fait mais j'ai l'impression d'avoir une voix de tapette. Bien que mon entourage l'infirme, il considère surtout que j'ai une voix douce avec des intonations différentes, séduisante selon Harry, atypique selon Maximilien, érotique selon Lahore, bref, sans doute que la voix est entendue selon les projections qu'on  fait à la personne qui la possède. Celle de Harry, qui me séduisait tant, et à laquelle je suis encore très sensible est une voix douce  et rocailleuse. Une voix de rose, tant elle en a la douceur et la beauté mais aussi la possibilité de piquer.

Le hasard permet parfois de regarder l'autre sans qu'il sache  qu'il est observé, non pas comme un anonyme mais comme un être dont on essaie, au visage à la démarche, de deviner la voix. La voix est la seule façon d'appréhender, de saisir quelque chose de ce que le langage essaie de détourner. Il y a bien des secrets que la gorge renferme.

La voix est sociale. Elle se fige car elle se représente  elle-même telle qu’elle aimerait être entendu. Elle est déguisement. Elle est promesse d’être.

La voix et le langage se rejoignent dans le cri. La voix c’est la musique singulière de la  langue  du sujet. La voix c’est le son de la voix.

 

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