Tourne

Publié le par Le zôgraphe

 

 

 

Nous marchons, l'air se déchire, le temps est à la pluie. Elle recouvre la ville.

Nous dansons.

Mélancolie sous la pluie,

nous dansons dans l'infamante nuit

tourne ! tourne ! tourne !

regarde le ciel noir, et là-bas les regards

 

Ta fine petite main fond sous mes doigts

tourne tourne je ne te reconnais pas

et puis un à un,

tourne ! tourne ! tourne !

tes doigts glissent de mes mains

reviens reviens reviens,

je te reconnais bien

 

À la nuit dangereuse

tourne tourne tourne

je souffle sous la pluie

sous mes vêtements

 l'incendie

 

Je souffre sous ce gris, sous la nuit

tourne ! tourne !

je tourne autour de toi

et tu ne me vois pas

 

Dans la nuit noire

je ne te reconnais pas

je tourne je tourne je tourne

L'aube ne se lèvera pas

mais encore

tourne !  tourne ! tourne !

embrasse -moi

enlace-moi

embrase-moi

 

Je tourne et sous mes vêtements

l'incendie

et tes cris de joie

comme des oiseaux de nuit

Tu salues l'ivresse de la pluie

comme autrefois

que tu es joli sous la pluie

tourne, tourne, tourne

je ne te lâcherai pas

N'arrête pas,

regarde-moi

regarde-moi

regarde-moi

 

 

Mes vêtements se déchirent

arrache-moi

dévore-moi

mais tourne ! tourne ! tourne !

surtout ne t'arrête pas

 

Regarde les rivières sous la pluie

qui dansent sur la rue

qui dansent

qui tournent

 

Et tes cheveux qui perlent

qui pleurent

et tu tournes tournes tournes

sur tes cheveux une couronne de diamants

 la lune coupée en deux

tourne tourne tourne

au-dessus des toits

 

Tu es joli

à sourire sous la pluie

tu es joli

tellement joli

tellement joli

 

Joli clown gris

tourne ! tourne ! tourne !

ce n'est rien

on ne se connaitra jamais

 

Tourne ! Tourne ! Tourne !

déforme-moi jusqu'à la nuit

je ne me coucherai pas

étire-moi

déchire-moi

écorche-moi

 

Je veux vivre

les jours de ta révolution

et je tourne tourne tourne

avec toi.

 

Publié dans Poésie

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