Peler l'écorce
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Dans ton sang cohobé pays tu t'abandonnes à voir l'air malade tu oublies ta blessure venue de l'homme fou et cruel qui nous a tus on ne sait plus chanter nous sommes survivants et nous ne supportons plus la vie
revivre la douleur des premiers temps : qu'en plus d'être né nous avons survécu
Naître : issir de sa survie fuir la vie en fuyant le deuil
il nous est resté l'instinct sur lequel on s'est recroquevillé la peur, mon pays le sang cohobé ru intérieur qui ne change pas le cours du fleuve la peur, mon pays
traqués par les fantômes que nous sommes devenus nous sommes des morts au corps vivant et nos rêves en caveau sortent par l'urêtre nos craintes en balbutiant la nuit
tout amant sans amour a la lèpre tout messie messied à l'homme libre l'amour libre est sans amour l'isolé est un révolté l'amour, ce voyou dans la nuit
les oiseaux se répondent dans la frondaison des arbres au printemps quand le soleil paraît le langage du vent et du soleil
fumant à la fenêtre le chat veillant les bourdons l'écorce d'orange nous parvient libération la Terre est ronde l'amour n'est pas sans arôme
la peur les cris le corps déformé jusqu'à la mort l'odeur pourrie de la haine organisée et les rêves cadavres d'oiseaux plombés
le grand ailleurs est au centre sans trêve au creux de notre ventre la peur, mon pays le grand malheur de l'oeuvre noire de l'homme fou et cruel
qui es-tu mon pays ? la terreur rémanente des sous-bois le lichen au cœur des résistants
mon pays pèle l'écorce du siècle
Le zôgraphe |